Qhapac Ñan, historique
Le Qhapac Ñan – Chemin Inca, est le nom donné au vaste réseau de routes qui, à l’époque préhispanique, reliaient les territoires de ce qui est aujourd’hui la Colombie, l’Equateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l’Argentine et qui a atteint son apogée, en tant que système intégré, sous l’Empire inca. Ce système était composé des routes proprement dites et des constructions et ouvrages associés (maisons d’habitation, entrepôts, ponts). Il reliait les établissements humains, les centres administratifs, les zones agricoles et minières, les lieux saints et sacrés.
Il contribua au renforcement de l’Etat le plus important de l’histoire préhispanique. La domination politique et territoriale atteint par les Incas avait comme pilier ce réseau de routes qui servit autant pour le transport, les communications que l’administration.
La technologie et la planification employées sur ce réseau sont une des réalisations les plus durables et évidentes des peuples préhispaniques qui constitue aujourd’hui un souvenir historique des Andes et des possibilités d’aménagements du territoire.
Ce réseau routier n’est pas seulement une grande réalisation logistique. Le plus important est qu’il unit des populations séparées par des zones écologiquement différentes et dispatchées dans une des zones géographiques les plus variées de la planète.
Depuis l’invasion des conquistadores, le Chemin Incas disparaît. Les espagnols cherchent à faire oublier la culture Inca et tout ce qui s’en rapproche.
Le gigantesque réseau de route créé par les Incas n’est plus entretenu, laissé à l’abandon.
Les espagnols créent un nouveau réseau, plus adapté à leur moyen de déplacement (ils ont apporté la roue, chose inexistante jusqu’alors) et orienté vers le port de Lima (Callao) d’où partent les bateaux en direction de l’Espagne chargés de l’or arraché à la Cordillère par les indigènes.
Depuis leur Indépendance les pays Andins ont préféré laisser de côté cette région montagneuse, trop difficile d’accès. De plus, des organisations rebelles, tel que le Sentier Lumineux, rendaient ces zones dangereuses par des mouvements de guérilla opposés aux pouvoirs gouvernementaux.
En 1999, Ricardo Espinosa et une équipe d’archéologues se lancent dans la première expédition sur le Qhapac Ñan depuis Quito jusqu’à La Paz.Suite à l’expédition de Ricardo Espinosa, les Chefs d’Etat de l’Argentine, de la Bolivie, de la Colombie, du Chili, de l’Equateur et du Pérou se sont réunis le 23 mai 2003 à Cusco, au Pérou. Ils ont, à cette occasion, signé une Déclaration conjointe sur le projet Qhapac Ñan – Camino Principal Andino dans laquelle ils apportent un soutien total à sa mise en œuvre.