La Chaîne des Puys
Le départ a été retardé de quelques jours à cause d’orages violents qui ont éclaté dans la région pendant toute la semaine. Et en montagne il s’agit de faire très attention aux risques météo. Ça ne sert à rien de prendre des risques inutiles.
Je suis donc parti vendredi 7 juillet du col des Goules (à côté du parking de Vulcania pour ceux qui connaissent) sur le GR 4 en direction du sud.
Cette première journée m’a fait traverser la chaîne volcanique du Puy de Dôme connu pour sa station météorologique, son centre radar de la Marine Nationale et les ruines d’un temple romain dédié à Mercure.
Pour accéder à son sommet il m’a fallu en faire le tour pour l’ouest car le chemin d’accès direct était fermé pour travaux de rénovation. En effet les chemins de randonnées sur les cônes volcaniques posent des problèmes de ravinement et d’érosion. Il faut donc installer des cheminements artificiels ce qui demande pas mal de travaux et donc la fermeture des accès temporairement.
Je bivouac dans la forêt de Pessade ou je me fais prestement sortir des estives par des vaches refusant de partager avec moi une ruine sans mouches ni moustiques qui trônait au beau milieu des estives me condamnant à me battre férocement contre ces dernières m’empêchant même de faire chauffer un peu d’eau pour le thé !
D’ailleurs à la fin je suis reparti pour une petite marche de nuit sous la pleine lune jusqu’à la chapelle de la Vassivière, haut lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge pour y bivouaquer.
Le plateau du Cézallier, faiblement boisé et peu habité, est un lieu dédié à l’élevage de bovinés destinés aux abattoirs pour leur viande. Au mois de juillet, tous les veaux sont nés et ceux-ci paissent tranquillement aux côtés de leur mère sous le regard vigilant du taureau. Ce plateau fait la transition entre les Monts du Sancy et ceux du Cantal. Les deux villes sont Egliseneuve-d’Entraigues et Condat. Dans la première je m’y suis procuré de l’écran total car le soleil tape ort sur ma peau encore blanche de parisien fraîchement débarqué et de crème contre les démangeaisons dues aux moustiques de Pessade.
La journée du mardi commence par une forte montée de 300m de dénivelé positif sous bois où je suis attaqué vigoureusement et sans relâche pour une myriade de moustiques déchaînés ! Heureusement, à la sortie du bois une maison où un couple de retraités de Clermont-Ferrand m’accueille les bras ouverts et m’offre de l’alcool modifié à passer sur mes membres boursouflés pour calmer la douleur ainsi qu’une eau bien fraîche. Un peu plus loin c’est un jeune agriculteur qui m’offre une botte de radis qu’il sort de terre sous mes yeux !
J’attaque les contreforts des Monts du Cantal. A perte de vue se ne sont qu’estives et burons où paissent des milliers de vaches, veaux et toujours le taureau vigilant. Je me demande bien où je vais pouvoir bivouaquer. Au loin un orage décharge sa foudre dans la vallée et je suis épargné. Au coucher du soleil je trouve au bord du chemin un champ à foin qui est bien vide de toute présence cornue à quatre pattes, ce dont je m’assure en faisant le tour du champ.
Le GR passe au milieu des estives et donc des troupeaux. Il me faut rester extrêmement vigilant car les bêtes sont nerveuses à cause de la présence des veaux et je suis obligés à plusieurs reprises de contourner les troupeaux pour rejoindre le GR un peu plus loin en amont. Une fois atteint le sommet du plateau du Limon à plus de 1560m d’altitude, je bascule sur les Monts du Cantal. Les vaches sont remplacées par des troupeaux de chevaux. Eux aussi sont destinés aux abattoirs et eux aussi sont accompagnés des leurs poulains. Mais un cheval est beaucoup plus intelligent qu’une vache et surtout ne charge pas l’homme qui passe à leur côté. Mais j’ai un autre soucis : l’eau. Je n’ai pas trouvé d’eau depuis hier midi et je suis à court. Heureusement, trois dames qui partaient en promenade m’offrent une bouteille pleine ! Quelle joie !!!
Cela me fait réfléchir sur la randonnée en solitaire. Seul oui, mais sans les rencontres sûrement pas ! Je ne pense pas que l’homme soit fait pour vivre seul. J’ai autant besoin des autres pour manger, trouver de l’eau que pour partager et apprendre des expériences des autres.
Sous le pas de Peyrol, alors que je suis en train de déjeuner, je me fais surprendre par un orage. Rien de mauvais, mais je suis bloqué au pied du Puy Mary pendant une bonne demi heure à me demander s’il est raisonnable d’y aller ou pas car ensuite le GR suit une crête très exposée et donc impossible à prendre sous un orage. Finalement un détachement du peloton du PGHM m’assure que si les crêtes sont dégagées je n’ai rien à craindre. D’ailleurs l’un d’eux m’accompagne jusqu’au Lioran. Cela fait du bien de pouvoir partager ses expériences et de parler avec quelqu’un pendant plus de 10 minutes.
Il faut que je travaille ma trousse à pharmacie car elle m’a fait défaut à deux reprises.
Mardi je pars pour faire le Tour du Mont Blanc, ce qui me laisse le temps nécessaire pour me préparer pour repartir !