de Manaus à Buenos Aires 2002

Publié le par Roman

Arequipa, le 16 mars 2002

Cela fait maintenant 4 mois que je suis parti de Bs As, et plus d un mois et demi que je voyage seul. Les deux premiers mois, sur les plages brésiliennes, étaient des vacances, mais aussi l’apprentissage du voyage.

 

A partir de Manaus, changement de rythme. Pour commencer, plus de CB ! Heureusement mes gentils parents, via western union, Jérémie, Lucas et Julie m’ont sorti du pétrin. Ensuite, un bateau qui met 9 jours au lieu de 5 pour rejoindre la frontière péruvienne… au moins ça m a appris la patience, je devrais même dire une patience à toute épreuve ! En arrivant à Tabatinga j’apprends que Julie, avec qui j’étais sorti à Manaus, j’en parlerai un peu plus tard, m’attendait et je l’ai loupé à deux jours près : grosse rage contre le bateau… Il aurait mis le temps prévu, je l’aurai revu…

Deux jours de plus sur le Cristo Rey avec Edwin, Josi, Cafe, Raymondo, Patricia, même Bin Laden était parmis nous ! Deux jours de plus à se saouler la gueule, il n’y a pas d’autre mot, à coup de Cachaça, bière, Montilla en compagnie de trafiquants de divers produits comme des oranges, des armes, alcool et peut être d’autres choses… à sauter du pont supérieur, j’en ai laissé ma montre à Armatura le jour du Carnaval … ! Polvo fut mon surnom, traduisez le poulpe, à cause de mes dreads !!!

 

A Tabatinga, l’hôtel le moins cher était el Hospedaje Sul : 5 Reales et une chambre faite de 4 planches en bois, un toit en taule et deux crochets pour le hamac point, pas un meuble, rien ! Alors maintenant le hamac je maîtrise, tinkiet !!!

Le premier soir un mec du bateau me croise sur sa moto et m’emmène sans rien me dire. Et nous voilà parti faire le tour de ses potes qu’il n’avait pas vu depuis 4 ans ! Et comme par hasard chacun tient un petit resto, un bar, une épicerie, alors on s’est fait rincer toute la nuit ! c’était terrible, j’ai pu rencontrer plein de monde ; l’Amazonien est vraiment un être exceptionnel !

 

Le Brésilien en général, tous ne sont pas ainsi, inconscient des choses matérielles. Tout ce qui l’intéresse est de faire la fête sans penser aux conséquences de ce qu’il fait. Il se fout de tout. Mais il est rigoleur, joueur, buveur et un peu voleur aussi, ce qui fait de lui un personnage agréable pour un temps, mais pas pour une vie. De toute façon je suis interdit d’entrer sur le territoire brésilien parce que j’ai perdu ma carte d’entrée et qu’il fallait la présenter pour sortir. Du coup je devais payer une amende de 165,57 Reales, soit environ 500 balles (FF). Alors n’ayant pas les moyens, je ne l’ai pas payé. J’en assume entièrement les conséquences.

 

De l’autre côté de la frontière, la Colombie, Leticia. Ville plus développée, mieux organisée, meilleurs restos, meilleure ambiance, marché plus riche, bref j’ai préféré Leticia à Tabatinga ! tout sauf la bière, difficile après l’Antartica de faire mieux… !

 

Pendant une session internet, j’apprends que Julie m’attend. Elle est soit à Leticia, soit à Iquitos. Alors ni une ni deux je me rends à son hôtel colombien. Mais évidemment, elle n’y était plus. C’est la que commence une série de malchance incroyable, à croire que le sort ne voulait pas que l’on se retrouve ! Je me mets donc en quête du premier moyen de transport pour aller la rejoindre au Pérou. On est vendredi 15 février. Le premier bateau est l’express de dimanche, départ 5h du mat… dur, mais y a la motive ! Tu m’étonnes, partir rejoindre une femme de 25 ans, mignonne, libre et libérée sur tous les plans, parfaite, hormis qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut, mais suffit de le savoir… avec ça si t’as pas la motive ! Dimanche donc lever 4 heures du mat pour apprendre que le bateau était annulé pour manque de voyageur, mais ça je ne l’ai appris que 4 jours plus tard ! et oui c’est pas le service public au Pérou !… Et le prochain n’est que mardi. Mais à force de me renseigner j’ai fini par trouver un avion lundi départ 9h. Lundi levé 6h pour aller entamer le marathon Western Union à la Banco do Brasil. A 9h j’apprends que l’avion est finalement complet, du coup pas moyen de partir avant mardi… Je termine mon marathon à 12h, 5 heures de démarches diverses, toutes moins intéressantes les unes que les autres, comme par exemple aller chercher l’adresse de mon hôtel, le nom ne suffisant pas !… J’achète mon billet pour le bateau de mardi et je préviens Julie qui commence à s’impatienter. Mardi je me fais réveiller par un autre gars du bateau, surnommé el loco parce que tout le temps tout fou mais pas méchant, à 3h20 !!! Et me disant : « désolé mais comme ça t’es sûre de pas louper ton bateau et t’as même le temps de prendre une douche. » Et ben merci mec ! C’est sympa, me voilà debout à 3h30 du matin, ne pouvant ni partir pour le port, beaucoup trop tôt, ni me recoucher sous peine de ne pas me réveiller. Quant à prendre une douche, rien que de penser à l’eau gelée et de couleur terre voir marron qui tombe d’un pommeau plus noir de crasse que blanc de sa couleur d’origine, et bien je n’ai pas eu envie, voilà tout !

 

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. J’avais pourtant pris le bon bateau, à la bonne heure, à la frontière tout c’était pourtant bien passé, j’avais pourtant réussi à m’endormir malgré le bruit du moteur et le claquement du clapot sur la coque en alu. Alors je ne sais pas. A 7h, après environ une heure de navigation, je me fais réveiller par un énorme CROOOOUUUUUUIIIIIIIIIIIIIIIIIK !!!!!!!!!!!!! Le moteur s’arrête. Mais qu’est-ce qu’il se passe ? Le capitaine et le matelot l’inspectent dans tous les sens, tapent dessus, le vissent et le devissent pendant une heure, une heure pendant laquelle on allait au grès du courant, c’est à dire dans le mauvais sens ! pour finalement nous annoncer qu’on a coulé une bielle, bilan faut retourner à Tabatinga pour réparer !… et le retour se fait de la même manière que pendant la première heure, mais durant 6 heures…L’Amazonie t’apprend à être patient, t’apprend à prendre le temps de faire les choses quand elles arrivent et à profiter du moment présent, quoi qu’il se passe puisque de toute façon c’est celui là que l’on vit. De cette manière la vie parait plus simple, cela permet de rencontrer plus de gens et surtout de mieux les connaître. Le fait de prendre le temps de prendre le temps permet de mieux réaliser son présent et de se rendre compte de ce que nous apporte les autres.

 

Mercredi je me relève à 4h du mat pour aller prendre le bateau. Ce coup-ci tout se passe bien. Je chatche avec mon voisin, un anglais au look techno gay ! On arrive à Iquitos vers 20h après 15h d’un voyage plutôt désagréable… Et sur la fin, les gens ont commencé à stresser parce que le bateau n’avait pas de lumière et que sur l’Amazonie beaucoup de troncs flottent entre deux eaux et sont donc difficilement repérables, surtout à notre vitesse. J’ai donc assisté à un essayage de gilet de sauvetage ! c’était assez marrant ! Je prends un moto-taxi pour aller rejoindre Julie. C’est terrible ce truc-là. Une moto trafiquée avec une banquette à l’arrière où peuvent s’entasser jusqu’à 7 personnes ! c’est le maximum que j’ai vu, et même une plage à l’arrière pour mettre les bagages. C’est pas cher et en général le chauffeur est cool, très amazonien, et sans aucun stress !

Quel bonheur de la retrouver ! Elle est encore plus belle que quand je l’avais laissé de Manaus 20 jours plus tôt. Avec ses yeux verts clair, ses traits du visage fins et aigus, ses petits seins tout mignons, une taille de guêpe exemplaire, ses petites fesses toutes rondes et des jambes qui n’en finissent plus, décidément cette femme est une invitation au plaisir du désir ! et elle sait le faire partager !!!…

On est resté deux jours à Iquitos. C’est une ville agréable, les gens y sont adorables et les beignets à la viande sont délicieux ! une très bonne entrée en matière pour le Pérou. On ne sent qu’à peine le fait que cette ville de 500 000 habitants n’est reliée au reste du monde que par air ou bateau. Tout autour c’est la jungle !

 

Vendredi 22 février on a pris le bateau pour Yurimaguas. Au dernier moment on a du en changer parce que le nôtre devait encore charger et faire le plein de gasoil, en gros départ décalé de 24h ! Sur le second on s’est retrouvé à côté de la cheminée d’échappement. Un bruit à devenir fou et sourd pendant 2 jours et 3 nuits… On était obligé de crier pour se parler. La bouffe, et pourtant je ne suis pas difficile de ce côté-là, était vraiment quelconque, même le chien parfois n’en voulait pas !… Ah oui j’avais oublié d’en parler, Julie a une chienne, une croisée berger allemand. Un peu plus petite que ce dernier, toute noire et avec cette tête si particulière à ces chiens. Une chienne extraordinairement intelligente. Elle l’a depuis 3 ans, depuis qu’elle est arrivée en Guyane Française. Elle lui obéit au doigt et à l’œil, impressionnant. Popol est son nom, sisi ! mais on l’appelle le chien, c’est plus pratique.

L’arrivée à Yurimaguas constitue la fin du voyage en Amazonie, et le début de celui dans la Cordillère des Andes. La fin d’un monde à part, vert, obscur, bruyant, grouillant, étouffant de chaleur humide. Un monde traversé par des milliers de rivières, certaines gigantesques d’autres minuscules, mais toutes permettant à l’homme de vivre au milieu de cet univers. Là où l’homme n’a plus de notion du temps qui passe, de la matérialisation, où il privilégie celle de la joie de vivre quotidiennement sans se préoccuper de la seconde suivante puisqu’elle sera aussi riche que celle que l’on vit dans l’instant. La fin géographique de la jungle, mais le début d’un cheminement personnel qui paraît sans fin, celui de ma recherche de moi-même.

 
 
Copacabana, 26 mars 2002
 

En arrivant à Yurimaguas, on cherche un hôtel. Mais tous sont complets ! tous sauf un à 5 soles : une chambre crados, pas de fenêtre, un plafond pourri et un petit lit défoncé. Du coup avec Julie on se dit qu’on ferait mieux de tracer direct sur Tarapoto, la ville suivante. On prend donc un pick-up et nous voilà secoué dans tous les sens pendant 5 heures, à l’arrière avec les bagages et plus de gens qu’on pourrait imaginer !!! La route est superbe, elle constitue une transition parfaite entre la jungle et la montagne, avec des cascades, des rivières à l’eau d’une clarté exceptionnelle, des champs de bananiers et de café, et les premières femmes en costume traditionnel. Tarapoto est une ville assez grande, mais sans grand intérêt touristique. C’est surtout le croisement entre la route pour aller dans la montagne et plus loin en direction de ma côte, et celle de Tinga Maria, de retour dans la jungle. Cette dernière est considérée au Pérou comme la route de la cocaïne, alors on a évité !

Le lendemain on est parti pour Chachapoyas. Sur le chemin on s’est arrêté à Moyobamba pour déjeuner et plonger dans des bassins naturels d’eau chaude !!! C’est là que venaient les nobles Incas pour se baigner. On est arrivé à Pedro Ruiz assez tard dans la nuit et exténué, du coup on y a dormi. Le lendemain on a fini par poser le pied à Chachapoyas, après une journée et demi de mini-van, entassés comme des sardines au milieu de montagnes absolument grandioses, majestueuses et gigantesques.

Là, Julie a changé de comportement avec moi. C’était comme si on n’était plus ensemble. Peut être à cause du fait qu’elle a du prendre pour la deuxième fois à  un mois d’intervalle la pilule du lendemain, ou bien que je l’aie gonflé, je ne sais pas. C’est vrai aussi qu’on venait de passer une semaine 24h sur 24 l’un avec l’autre sans presque jamais se lâcher. Ça fait beaucoup pour deux personnes qui à la base voulaient voyager seules !

Mais bon, toujours est-il qu’on est parti faire une ballade à cheval jusqu’aux ruines de Kuelap. On a à peine eu le temps de les apercevoir qu’il fallait déjà redescendre ! Et oui, 3 heures de montée et autant de descente, en partant à midi et avec le dernier camion pour rentrer à 18h mas o menos ça fait juste le compte. Tant pis, on aura passé une pure aprêm à crapahuter sur des petits chemins de pierres et de terre au milieu des montagnes sur des petits chevaux plutôt résistants, alors on ne va pas s’en plaindre !

Dernière nuit à Chachapoyas, mais aussi avec Julie, et toujours la même entre nous. Du coup cette fois-ci je pars sans regretter de la quitter. Elle ne sait décidément vraiment pas ce qu’elle veut et ça complique pas mal. Elle part au nord vers l’Equateur et moi au sud en direction de Lima. On savait dès le début que l’on devrait se quitter ici, alors…

 

Dans le bus pour Chiclayo, je finis par m’endormir vers les 3h du mat sur une route infernal par une chaleur lourde et étouffante d’humidité. Je me fais réveiller par le chauffeur, il n’y plus personne. En palpant mes poches par réflexes je m’aperçois que mon voisin m’a dépouillé pendant mon sommeil ! Il m’a tout pris : mon appareil photo, ma médaille de baptême et 30 Soles. Tout ce que j’avais de plus précieux. Toutes mes photos depuis Rio de Janeiro, c’est à dire plus de 250 images prises sur la côte brésilienne, en Amazonie et avec Julie. Ma médaille, objet de religion sacré, vraiment ce salaupard, il n’y a pas d’autre mot, n’a eu aucun scrupule. Heureusement dans mon malheur, j’avais eu l’excellente idée de mettre au dernier moment 100 Soles de réserve dans mon gros sac, faut toujours garder une réserve pour le cas où… Sur le moment je n’ai pas réfléchi et ai piqué un coup de sang. J’ai pris le premier bus en direction de Lima. 15h de plus au milieu d’un désert surplombé de montagnes rocheuses gigantesques. Là je me suis promis de revenir au Pérou, mais pour beaucoup plus de temps, à suivre… Je me suis enchaîné 30h de car d’affiler. Et bien c’est long, très long ! A Lima, je me fais sauter dessus par les taxis, comme d’hab quand un gringo arrive, mais là je les ai envoyés chier. J’avais besoin de me poser 5mn et de me dérouiller les jambes et la tête.

 

Le centre de Lima ne ressemble pas à ce que l’on peut s’imaginer. D’accord il y a beaucoup de monde, de circulation, de magasins… mais pas de forêt de grands immeubles, que des petits, ou plutôt des maisons à un ou deux étages, ce qui déjà pour le Pérou fait beaucoup. Et puis une succession de quartiers d’affaire et de zones résidentielles pauvres, voir misérables. Ce qui fait qu’il faut faire attention en se baladant de ne pas se tromper de rue sous peine de se faire détrousser juste parce qu’on a loupé une cuadra !… Les gens y sont, pour ceux que j’ai rencontrés, très sympa et serviable, mais tous m’ont mis en garde contre les voleurs, j’ai donc du avoir de la chance, enfin !!! parce que je n’ai eu aucun problème.

 

A force de me balader à droite à gauche, j’ai fini par trouver les artisans. Depuis le début de mon voyage, je dois dire que je suis attiré par ces gens. Ils sont ouverts, accueillants, viennent d’un peu tous les horizons et ne se fient pas seulement à l’apparence, mais surtout à ce qu’il y a à l’intérieur, tous ne sont pas ainsi, mais en général si. Surtout ils sont libres, libre de faire ce qu’ils veulent, d’aller où bon leur semble. Leur problème est l’argent, leur vie n’est pas facile et ne mange pas tous les jours. Mais c’est le prix à payer dans notre monde pour accéder à cette liberté totale. Ils vendent des bracelets, colliers, pierres précieuses, fossiles, bijoux en alambré, pipes, figurines… bref tout ce qu’ils savent faire de leurs mains. Certains d’entre eux sont musiciens, d’autres jongleurs, tous appartiennent à la même famille, celle des artisans.

Parmis eux il y avait Jonatan, 18 ans de Chimbote, artisan depuis un peu plus d’un an. Il me propose de m’enseigner les bases. Il ne m’en fallait pas plus ! Et me voilà parti acheter le matos nécessaire : fils de couleurs en nylon, fibre de chanvre, quelques perles, de l’argile et de l’alambré. Dans notre chambre d’hôtel commence alors un apprentissage infini. Lui m’a enseigné les bases, à moi ensuite d’imaginer et de découvrir le reste.

Après trois jours passés ainsi, on part pour Ica et son oasis de Huascathina. C’est un village au milieu d’un désert de dunes énormes. J’y ai passé deux jours, un vrai petit paradis de tranquillité. On avait notre tente à 3m de notre pacha et une plage pour faire du feu pour manger. On y a retrouvé d’autres artisans, deux péruviens, une suédoise et une belge. Il existe entre les artisans une solidarité assez exemplaire, comparable à celle des compagnons, on se sert les coudes pendant les moments difficiles et on partage quand ça va mieux. Maintenant quand j’arrive quelque part, la première chose que je fais est de les chercher, ensemble il n’y a pas de tabou ni de préjuger et se sont souvent eux qui détiennent les meilleurs plans du coin !

Au bout d’une semaine passée avec Jonatan, je commençais à avoir l’impression qu’il vivait sur mon dos avec comme excuse le fait de m’enseigner. Mais étant donné qu’il ne m’apprenait plus rien depuis un bout de temps, j’ai pris la décision de partir. Il faisait la gueule, me reprochant de le laisser au milieu de nul part sans rien, ce qui est faux puisque tout son pacha il l’avait constitué avec le matos que j’avais acheté à Lima… c’est grâce à lui que je suis rentré dans le monde de l’artisanat et je l’en remercie énormément. J’avais envie de voler de mes propres ailes.

 

J’ai pris un car pour Arequipa. Pourquoi cette ville plutôt qu’une autre et que Cusco en particulier, je n’en ai pas la moindre idée, même encore aujourd’hui ! mais c’est ce que j’ai fais. J’y suis arrivé à 4h30 du mat, dur dur mais en forme. J’ai chatché avec un gars qui bosse sur un énorme projet de route à l’intérieur du pays. Il m’a payé le dîner et je lui ai offert un bracelet. A la fin du trajet, il m’en a acheté un autre pour son fils : ma première vente !!!

Avec le taxi on a commencé à tourner en rond. A cette heure matinale, c’est pas évident de réveiller le gérant d’un hôtel. Finalement, celui du Tourist House m’a accueilli. Mmmmmmmh que c’est bon de s’allonger dans un lit !!!!!

 

La première personne que j’ai rencontrée était un artisan uruguayen qui la veille au soir c’était fait dépouiller par un chauffeur de taxi… sympa comme entrée en matière ! Comme je voulais aller à Cusco, ça m’a conforté dans mon idée de partir rapidement d’ici. Mais Arequipa est une ville jolie avec des maisons toutes blanches au toit plat, une cathédrale monumentale et des monastères à l’architecture du 18/19ème siècle. J’ai rencontré Felix, lui aussi artisan, qui m’a proposé une balle d’hôtel : 10 Soles avec petit-déj compris dans une pension de famille. En effet, terrible ! Située dans une petite rue à 5mn de la Plaza Mayor, sans bruit, un grand lit très confortable avec pleins de couvertures pour ne pas avoir froid la nuit, une douche comme au Brésil avec le fameux système électrique au pommeau (quente/frio/morna) !… et un petit déjeuner succulent avec des œufs frits, du pain frais, du beurre, de la confiture et un thé à la cannelle, mmmmmmh un vrai délice !!!!! La famille était un couple de retraités très sympa qui habite deux étages plus haut. Il te laissent tranquille et viennent de temps en temps voir si t’as besoin de quelque chose et aussi pour discuter 5mn. Vraiment adorable ! Ah si, j’oubliais, il y avait même une chaîne pour écouter de la musique. J’ai réussi à capter une radio française, RFI (Radio France Internationale), quel plaisir d’entendre un peu de français !!! Enfin, un petit coin de paradis et pour trois fois rien !!! Si je retourne un jour à Arequipa, pour sûre que c’est ici que j’irai poser mon sac.

 

A la base, cette ville ne devait être qu’une ville étape pour aller à Cusco. Et puis j’ai entendu parler du Canyon de Colca : le plus profond du monde, avec des condors et des ponts suspendus ! bref le Pérou comme on se l’imagine !!! Alors évidemment je n’ai pas résisté… Et le mardi me voilà parti avec Tornstein, un écossais taillé façon grand celte du nord ; Il est biologiste marin entre les Shetlands et l’Islande, observant les migrations des baleines et des orques sur des bateaux immenses tout confort. Un truc de ouf ! une péruvienne dénommée Marisa, 21 ans, très mignonne et qui a fait les yeux doux à tout le monde durant tout le trek… ! et notre guide, Alex, 21 ans lui aussi, bon marcheur et très sympa ; pour trois jours de trekking !

Entre temps j’avais trouvé le Parque San Fransisco, là j’y ai rencontré Cesak, un local. Comme je n’avais pas une tune en poche il m’a invité à partager un menu. Vraiment super sympa ce gars, dommage que je n’ai pas pu le revoir plus souvent. En allant donc à ce parc, j’ai été alpagué par une femme devant une agence de voyage, comme on l’est tous les 10 mètres dans cette rue. Mais là, va savoir pourquoi, je me suis arrêté. J’y ai fait la connaissance de Béatrice, Jimmy et leur fille Grace. Un couple de la quarantaine très sympa et prêts à me présenter tous leurs potes. Nous sommes allés chez Renzo. Un rasta qui vit chez son père, Arthuro, et avec son frère Fransisco. Ancien artisan, il fait de la moto et organise des trekking à Cusco. Il y des fois où tu ne sais pas pourquoi tu fais les choses, pourquoi tu choisis de passer par cette rue plutôt que par une autre, pourquoi tu t’arrêtes et discutes avec telle personne, mais où après coup tu te dis que tu as bien fait. Ces moments-là il faut savoir en profiter au maximum parce qu’ils sont souvent la clé de bien des choses et parfois même celle du bonheur !

Départ pour Colca à 2h du mat et arrivée à 8h à Cabanaconde. 6 heures de route ou plutôt de piste trouée dans un bus bondé et la radio pour finir de t’empêcher de dormir… Mais vale la pena parce que l’arrivée au petit matin est grandiose : une brèche énorme s’ouvre dans la montagne de 1500m de dénivelé. On arrive à 3400m d’altitude, là où pousse le meilleurs maïs de la région, oui monsieur !en bas un torrent gronde, on l’entend d’ici. On prend un solide petit dej et on descend. 2h30 au lieu des 4 prévues ! et on a vu deux condors planés à 10m de nous !!! énormes bestiaux avec une envergure pouvant atteindre jusqu’à 2m50, très très impressionnant, et marrant leur petite crête sur le sommet du crâne.

San Juan de Chuccho, petit hameau d’une dizaine de familles et plein de gamins. Ça fait plaisir de voir qu’ici les campagnes ne sont pas désertées comme en Europe. Après le déjeuner, sieste pour les autres, pour moi ballade dans les alentours. Ce coin est tout simplement fantastique, avec des falaises qui s’élèvent verticalement jusqu’à toucher un ciel d’une rare pureté, des séries de montagnes qui s’intercalent au grès du torrent. De quoi rester contemplatif pendant des heures et des heures…

Quand les autres ont fini par se réveiller on est allé à Tapay. Une grimpette de 2100 à 3000m d’altitude, mais pas de souci, l’air est pure et toujours ce paysage incroyablement beau. C’est le village le plus important du versant. Y vivent plus de 300 personnes. C’est là que se trouve l’école, le gouvernement et une église en béton, sisi en béton ! toutes les autres constructions sont en pierre ou en brique de terre séchée, comme dans toutes les campagnes péruviennes. Redescente en courant pour arriver à l’heure du dîner.

Le lendemain départ pour l’Oasis via Cosnirhua, el pueblo del humo, le village de la fumée. Nommée ainsi parce qu’avant les gens communiquaient par signaux de fumée ! L’oasis est un coin fabuleux, avec une piscine d’eau naturellement tiède, plein de petits bungalows juste au-dessus du torrent et de la bière ! bon à 8 Soles, c’est à dire hors de prix, mais ça ne nous a pas empêché d’en boire deux ou trois en compagnie de David, Québécois, deux Suédois, me demandez pas leur nom, tous les trois bons joueurs de hakik, et un couple de Canadiens.

Réveil à 5h du mat pour remonter à 3400m à Cabanaconde, 1400m de dénivelé positif, boum dans les jambes en 2 heures. Petit déjeuner très très bien venu et retour à Arequipa via Chivay où il y a le pub irlandais le plus haut du monde, mais fermé dommage !…

 

En rentrant je me suis dis : « allez hop, en route pour Cusco ! » Et bien non ! il a fallu que j’entende parler d’un 6000 facilement accesible, le Chachani en l’occurrence : 6075m et seulement 1100m de dénivelé à faire à pied, mais une nuit à passer à 5300m… Evidemment je me suis laissé tenter. Arrivé au campement me prend le mal des montagnes : un mal de crâne terrible puis une série de vomissements le tout accompagné de vertiges. Du coup j’y suis resté, laissant partir les autres, James, un londonien, Janet, une fille de l’agence venu prendre des photos pour leur prochaine pub, deux flics allemands pas très bavard avec moi et le guide. Vraiment la poisse parce que monter à 6075m en écoutant du Manu Chao ça m’aurait bien plu. Mais la montagne est ainsi, parfois elle ne te laisse pas passer. Alors il n’y a qu’à accepter la tête basse et redescendre, ce que j’ai fais au petit matin. La nuit à 5300m il fait froid, sisi très froid. Dans mon petit duvet de plage, en plus du mal d’altitude, j’ai eu les pieds gelés, comme des glaçons, devenant bleus à des moments. Alors je les ai frottés toute la nuit pour éviter les gelures.  Le bain de soleil leur a fait le plus grand bien !

 

Je suis encore resté 4 jours à Arequipa, n’arrivant pas à partir, connaissant toujours plus de monde, allant chez les uns et chez les autres. Ce coup-ci c’est sûre et certain je reviendrai au Pérou !!! J’ai eu du mal à laisser tous mes potes, Vladimir, Raul, Ricardo, el loco, Renzo, Jimmy, Béatrice, Skin, Oscar, Jorge, Maria, et tous les autres… Mais il y a une fin à tout et le temps commençait à presser. Donc lundi, après avoir fait mes adieux à tout le monde, je suis parti pour Puno. Là je devais déposer une lettre chez la famille de Vladimir. Chose faite je suis reparti le lendemain en suivant les conseils donnés par une vieille femme sur un banc de la Plaza de las Armas pour Copacabana sur le lac Titicaca en Bolivie.

 
 
La Paz,  26 mars 2002
 

La route est superbe, elle longe le lac en grande partie. Ses alentours sont riche, on peut y voir des champs de blé, de foin, de maïs, de piment, des pâturages pour lamas, alpagas, chevaux et mules. Il règne une tranquillité extraordinaire. Tout paraît vivre en symbiose. Je ne dis pas que la vie y est facile, le climat est dur et la pauvreté se fait sentir dans chaque village. Mais les gens prennent le temps de bien faire les choses, ils sont joyeux malgré tout et, comme dans toutes les campagnes, la solidarité est omniprésente. Après deux heures et demi de bus on arrive à Yacuiba. Dernière ville avant la frontière qui se trouve à Casani, de même que le poste de douane, à un quart d’heure de combi. Une fois remplie les formalités et changer l’argent péruvien qu’il me restait, j’en prends un autre pour Copacabana.

L’arrivée sur le site est magnifique. Une crique ouverte sur le lac, surplombée de montagnes et arrêtée par un piton rocheux au sommet duquel se situe le cimetière de la ville !… Sur la place principale je chatche un peu avec les artisans, il y avait un Péruvien, un Chilien, une Américaine, un Argentin et un Italien. Tous me disent qu’à partir de mercredi, c’est à dire le lendemain, tous les prix augment de façon très significative à l’occasion de la Semana Santa. Traditionnellement les Boliviens viennent la passer ici. Il y a en effet une très jolie cathédrale… surveillée par la Marine Nationale… !

J’ai passé toute l’aprem en haut du piton. De là on peut voir toute la ville, les montagnes qui l’entourent, la Isla del Sol et une bonne partie du lac. Au coucher du soleil, tout s’embrase. Le ciel devient rouge éclatant, se mélangeant avec les nuages, le tout se reflétant dans les eaux du lac. C’est une vision extraordinaire ! C’est beau ce spectacle offert par la nature. J’en suis resté bouche bée !

Mercredi matin je suis réveillé par la pluie qui tombe à verse. Je descends prendre ma douche. Le robinet étant à l’extérieur, le gérant doit rester devant la porte pour la régler. Avec leur système, plus il y a d’eau moins c’est chaud, et le matin à 3800m ça caille sévère, alors il faut bien la régler, l’eau !…

 

Après avoir hésité quelque temps, je me décide à partir pour La Paz. L’année a déjà commencée, j’ai un appart à chercher, certainement des galères avec la banque dues à la crise… enfin bref tous les trucs d’une rentrée d’étudiant…

La route pour la capitale bolivienne passe par le lac qu’on traverse sur une barge avec le bus ! Expérience amusante, mais y a pas de quoi s’affoler. La ville est située sur un site exceptionnel. A flanc de montagne, des maisons sont superposées les unes sur les autres.

 
Buenos Aires, 17 mai 2002
 

Toutes sont construites en brique d’un rouge un peu obscur, ce qui donne encore plus de majesté au site. L’arrivée en bus se fait par son sommet, là où se trouvent les quartiers pauvres, le niveau de vie augmentant au fur et à mesure que l’on descend à cause de l’altitude et du manque d’oxygène. Les sommets de La Paz atteignent les 3800m ! J’ai eu l’impression de voir une coulée de maison venant du ciel se déroulant dans la vallée ! Au terminal du bus je chatche avec trois Anglais dont un est déjà venu ici. Il nous conseille le Caretero. C’est un hôtel d’Européens voyageant en Amérique Latine. Il y avait des Allemandes, une Norvégienne, des Israélites et un Colombien artisan.

Mais déjà dans ma tête le voyage était fini. Il fallait que je rentre rapidement à Buenos Aires où une toute autre vie m’attendait… Et comme je soupçonnais que ça ne serait pas facile, je m’y préparais… Alors du coup les contacts changent, les discussions ressemblent plus à des bilans de ce que l’on a vécu. On vit moins dans le présent, on parle des endroits où l’on a été, de ceux qu’on a rencontré, de ce qu’il nous est arrivé. Les autres de leur côté parlent de là où ils vont, se renseignent, bref continuent leur voyage. Ça fait bizarre après tant de temps de repasser de l’autre côté de la barrière, de retourner en direction d’une vie sédentaire après plus de 4 mois passé comme nomade, avec toutes ces expériences qui changent la vision de soi.

 

Le centre de La Paz ressemble à un marché géant des entreprises européennes et américaines. Il y a des grands buildings, des grandes affiches publicitaires partout, les grands magasins ont de belles deventures… retour au capitalisme où le commerce est roi… Le Gouvernement et l’Assemblée sont des palais coloniaux à l’architecture espagnole du 18ème siècle et sont gardés par une police anti-émeute sur-équipée : tenue de camouflage, casque à visière brune, bouclier, fusil à lacrimo,… très impressionnant, et au regard méchant ! Au Mercado Central, je ne me suis pas très bien senti accueilli. Sur mon passage, les gens s’arrêtent, tout s’arrête pour te regarder, c’est gênant mais compréhensible parce que normalement les gringos n’y mettent jamais les pieds…

Finalement je n’ai pas eu une très bonne impression de La Paz. Mais tout de même je suis sûre qu’en y restant plus de temps et dans une autre expectative on doit pouvoir l’apprécier parce qu’elle dégage une énergie formidable.

 

Au terminal je trouve un billet pour Bs As direct en 2 jours pour seulement 450 Bolivianos ! Départ jeudi à 17h et arrivée prévue samedi dans la soirée. Mais en prenant le car, je découvre que j’ai un changement à Santa Cruz, à 15h d’ici… ! Le voyage n’est pas fini et me le fait comprendre d’entrée de jeu. Après une heure de route, crevaison ! et changer la roue d’un bus c’est pas chose facile… ! Mais bon, après une heure d’effort et avec l’aide d’un garagiste du coin ils y sont parvenus. Pendant la nuit, sur les coups de 3h du mat, nouvel arrêt : fuite du système de freinage ! Et là pas de garage, pleine cambrousse bolivienne !!!… Heureusement le chauffeur a pu réparer et on est reparti 2 heures après. Arrivée à Santa Cruz vers 11h la faim au ventre. A l’agence il m’avait dit que les repas était inclus dans le prix du billet, en réalité pas du tout… je n’avais plus un bolivianos en poche et aucun distributeur aux alentours du terminal…

Je vais pour prendre mon deuxième bus qui ne part qu’à 19h et ne va que jusqu’à la frontière, là il faudra encore changer… Un voyage ne se termine qu’une fois rendu à destination, avant il faut rester ouvert et prêt à tout ! Carlos et Ezequiel, un Uruguayen et un argentin, étaient dans le même cas que moi alors on s’est serré les coudes. Ils m’ont acheté chacun un bracelet ce qu’il fait que j’ai enfin pu manger ! Eux sont partis dans le premier car et moi dans le second, allez savoir pourquoi ? on avait pourtant le même billet !… décidément les transport bolivien sont à part et il faut surtout s’attendre au pire ! A Yacuiba, la ville frontière bolivienne, une pluie battante nous accueille… Sympa après 12h de bus entassés comme des sardines avec une grosse à côté de moi qui prenait un fauteuil et demi, des gamins allongés dans l’allée et comme si ça ne suffisait pas, à chaque arrêt des vendeurs de sandwichs et autres boissons qui viennent réveiller tout le monde pour te donner faim alors que t’as plus una monedad en el bolsillo…

A la douane bolivienne, Ezequiel s’aperçoit qu’il s’était fait voler son passeport le matin même ! Du coup il lui a fallu remplir je ne sais combien de formalités, faire un nombre incalculable de photocopies, aller au commissariat central pour porter plainte… Bref, 3 heures après on pouvait enfin sortir du pays. Mais le côté argentin allait lui aussi nous en faire une belle. Fouille totale des sacs de tout le monde !!! une première fois par la gendarmerie, au passage ces cons m’ont donné un visa valable que jusqu’au 20 mai alors qu’il l’ait pour un mois de plus… Ensuite la douane, ah si on vous a fouillé une fois c’est qu’il y a une raison alors on va pas se priver. Connard ! et bing, rebelotte, refouille intégrale !… quand on arrive au car, il était sur le point de partir, ça faisait une bonne demi heure qu’il nous attendait ! Là je dois dire qu’on a eu chaud aux fesses, le prochain n’étant que trois jours après !… On part pour………….Buenos Aires !!!!!!!! On est samedi midi, arrivée prévue dimanche dans la journée !… Mais attends c’est pas fini, sur le trajet on a eu droit à deux contrôle de la gendarmerie et évidemment on s’est fait refouillé tous les trois ! mais ça va on commence à être habitué. Un peu plus tard, la route est coupée par une coulée de boue d’une cinquantaine de mètres ! en deux jours la pluie a tout ravagé ici. Le reste du trajet s’est bien passé, petites escales à Jujuy, Salta, Tucuman et Rosario pour finalement arriver à Retiro dimanche en début d’aprem.

 

Les retrouvailles avec Gaspard, Lucas, Jérémie, Agustin, Mariano, Herman, Maria et Florencia se font sans explosion de joie. T’es là, t’es revenu, très bien, mais ici la vie a continuée. C’est bizarre cette impression de revenir sans être parti longtemps, sans avoir vraiment manqué aux gens. La vie a continué pour chacun d’entre nous et doit continuer à présent, peut être avec de nouvelles donnes, sûrement même. Mais pour l’heure y a foot et ici rien n’est plus important…

Mon voyage est terminé, ce coup-ci pour de bon. Il faut maintenant se préoccuper de la fac, trouver un appart, aller à la banque… retour à la vie sédentaire sans transition avec tous ces trucs d’une rentrée banale d’étudiant. Les souvenirs restent, la vision des choses a changé, les gens ont changé. Il faut se réadapter à être sur place, a resté sur place pour un bout de temps et l’accepter.

Le voyage est une chance à saisir, mais les pauses sont nécessaires pour pouvoir rebondir et aller de l’avant parce que la vie ne s’arrête jamais !

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Publié dans Itinérances

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F
Un beau voyage en perspective avec de nouvelles aventures, des rencontres et surtout une belle ouverture sur le monde à la clé... Profite bien de tout ça! (très jolies photos d'Argentine 2005!!)
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